andata.ritorno  laboratoire d'art contemporain

Ariane Monod

Esquisse murale

Vernissage jeudi 12 septembre dès 18h
Dans le cadre de la Nuit des Bains

Exposition du 12 septembre au 5 octobre 2019
du mercredi au samedi de 14h à 18h

Finissage le samedi 5 octobre de 14h à 18h
Présence de l'artiste au vernissage et au finissage

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© Suzy Mazzanisi

Intervention in situ à Andata/Ritorno par Ariane Monod suite à la résidence de l'artiste dans l'espace durant l'été.

" Tracés voués à disparaître...
Vision panoramique impliquant un cheminement au travers duquel un flux d’éléments s’aventure dans un imaginaire. "
A. M.

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Dévêtir la nuit

« Rêvons, acceptons de rêver, c’est le poème qui commence. »
Robert Desnos

Ariane Monod est peintre, un versant de sa pratique consiste en des interventions in situ dont elle en donne comme titre générique « Esquisse murale ». Cette exposition est l’aboutissement d’une résidence d’artiste pendant juillet-août 2019, seul moment où Andata/Ritorno interrompt sa programmation. Cette résidence a été entrecoupée par un voyage au Japon qui n’est pas sans laisser de traces dans le résultat final.

« Esquisse murale », ce terme indique d’emblée avec humilité la recherche d’infini en jeu dans l’œuvre de l’artiste. Une manière peut-être encore et selon le mot d’Aragon à vingt ans de « faire entrer l’infini ». Les outils choisis pour ce processus sont le fusain et l’eau. Le fusain comme chacun sait, est le résultat d’un bois calciné (fusain de saule, gras/sec et compressé) et c’est comme une force d’incandescence cachée qui guide les mains de l’artiste dans une recherche graphique où rejaillit un souffle qui n’est pas sans rappeler celui qui vous prend droit au cœur lorsque vous pénétrez dans les dessins d’une grotte préhistorique. Mais ici nulle présence animale ou humaine, des fragments de nature, de paysages vus et réinterprétés dans une vision subjective où débordent des coulées de falaises suggérées, des vagues de torrents qui se déversent sur on ne sait quel rivage imaginaire. L’artiste a fait de nombreux voyages au Japon. Elle en a gardé le goût de « la contemplation des pierres de lettrés  (Gongshi en chinois et Suiseki en japonais) {qui} est un art en soi ». Ariane Monod nous propose alors des images façonnées « par le vent et l’eau ». Si l’Orient est présent, la fresque nous renvoie à quantité de lieux vus dont elle dégage et abstrait un paysage dont l’immobilité n’en est qu’une illusion. Il y a plutôt « arrêt sur image ». Dans un monde porté par la force du souffle. Le vent s’est levé et c’est alors comme des traces d’ondes en mouvement quand l’eau a été caressée d’un seul objet, d’un seul battement d’aile, même d’oiseaux absents. Des coulures rupestres ont laissé leurs dessins comme des pleurs de nature alanguie en recherche de traces d’éternité.
La nature a versé sa palette du camaïeu de la terre quand elle noircit et par les pierres d’ombres incrustées dans la roche du temps. Pour entendre ce grondement, il n’est que de plisser les yeux et vous reviennent dans les oreilles comme dans les paupières qui se ferment, le chant de l’infini de la nature. De quel écho cette chambre chante le tumulte ? Des océans peut-être et de l’appel du secret des grottes enfouies. De quelle galaxie cherchée jusque dans le tréfonds des abysses ? De quelle étoile absente qui se cherche une nuit ? De quel espace hérité de Lascaux et réinventé dans des traces qui ne sont ni de laves, ni de lèvres, ni d’ocre, ni de terre mais le fruit des empreintes d’un bois noirci. Ariane Monod nous livre un espace nocturne chercheur d’ouverture et de lumière comme une respiration qui ne sait se taire, ni se tarir.
Si l’on peut peindre le monde, une vision du monde en noir et blanc, c’est sans doute aussi par un besoin impérieux de clarté. Si l’on peut métamorphoser une galerie d’art en un antre clair-obscur c’est sans doute dans la quête d’une invitation à voir, à sentir, à ressentir, à donner à voir l’inédit d’une mémoire enracinée. Le vrai passeport de l’artiste est peut-être celui de faire voyager les images par-delà les continents et de les retranscrire dans son intuition avec l’énergie particulière et subjective qui est la sienne. Ainsi nait entre Orient et Occident sa proposition paysagiste telle une gravure agrandie.

Les vagues apparaissent ainsi, les ressacs, la tourmente, le vent, les retombées aquatiques qui semblent des appels au large de l’inconnu, de l’indicible et de l’imaginaire marin autant que céleste. Comme le reflet des étoiles qui brille bien plus que sur l’étendue des eaux, et qui est transpercé jusqu’aux profondeurs de ces lieux remémorés, mouvants, et tremblés de murmures dans l’apparence des cavernes.

Il en est des vagues comme de certaines pensées. Elles sont ce mouvement en aval et en amont, et leur pouvoir de persuasion vient de ce flux et reflux.

Abstraire. Refaire. Déconstruire. Peindre. Si le monde est un tableau, il faut donc lui rendre en miroir ce qu’il cache, nous renvoie, nous éblouit du fond de la nuit. Le rendre à son image, le transcender, le reconstruire, le réinventer de l’aube au crépuscule. L’émerveillement de le redécouvrir chaque jour. Placer une étoile de mer au fond de l’aube. Après la nuit, le chant des étoiles alors que les oiseaux ne répondent plus à l’absurde question de savoir comment ils volent. Nocturne, le bruissement des couleurs entre chien et loup. Nocturne, le bruit des dessins de Lascaux et leur perspective prémonitoire. Diurne, le chant du jour qui s’invente une symphonie. Et si les plus beaux paysages étaient ceux que l’on s’invente dans la mémoire d’un vécu ? Comme une écume de mer, comme la trajectoire d’un torrent, comme un tremblement dans la nuit qui guette et cherche la quiétude de l’or du silence.

Joseph-Charles Farine, septembre 2019

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Vues de l'exposition

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Ariane Monod, vue générale de la première salle, ©Anouk Tank

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Ariane Monod, vue générale de la première salle, ©Anouk Tank

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Ariane Monod, vue générale de la première salle, ©Anouk Tank

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Ariane Monod, détail de la première salle, ©Anouk Tank

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Ariane Monod, détail de la première salle, ©Anouk Tank

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Ariane Monod, vue générale de la deuxième salle, ©Anouk Tank


Ariane Monod, vue générale de la deuxième salle, ©Anouk Tank

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Ariane Monod, détail de la deuxième salle, ©Anouk Tank

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Ariane Monod, détail de la deuxième salle, ©Anouk Tank

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©Ariane Monod


©Ariane Monod

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©Ariane Monod

Site web de l'artiste : www.ariane-monod.ch


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Revue de presse
"Ariane Monod: juste avant l'effacement", par Jean-Paul Gavard Perret, in De l'art helvétique contemporain - Blog 24 heures, 13/10/2019
"
Ariane Monod recouvre au fusain la galerie genevoise Andata Ritorno", par Etienne Dumont, in Bilan, 30/09/2019
"
Les galeries des Bains contre celles d'Art en Vieille Ville. Le match de la rentrée à Genève", par Etienne Dumont, in Bilan, 06/09/2019











Andata.Ritorno bénéficie du soutien du Département de la culture de la Ville de Genève, de la Loterie Romande et de la Fondation Philanthropique Famille Sandoz

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